10 Cloverfield lane ***

10 Cloverfield lane ***

De quoi ça parle :

 

Michelle s'enfuit en voiture, cherchant à s'éloigner le plus possible de son ancien fiancé. Percutée par un autre véhicule, elle perd connaissance après que sa voiture ait roulé dans le fossé...

 

A son réveil, elle est attachée, dans un sous-sol inconnu, avec une perfusion dans le bras. L'homme qui l'a recueillie dit s’appeler Howard et prétend lui avoir sauvé la vie. Il affirme également qu'un cataclysme est arrivé pendant que Michelle était inconsciente. Le pays tout entier aurait été frappé par une menace inconnue qui aurait laissé l'air empoisonné et la terre en proie aux radiations.

Howard est un survivaliste, un de ces hommes qui ont paré à toute éventualité en bâtissant un abri antinucléaire équipé pour survivre des années durant si nécessaire sans aucun contact avec la surface. Mais Michelle doute fortement de la véracité de ses dires, et elle n'a plus qu'une idée en tête : retourner à l'air libre pour s'assurer par elle-même du sort du monde.

 

Date de sortie : 16/03/2016

Durée : 1h 45

Genre : Thriller / Science-fiction / Huis-clos

 

Bande-annonce

 

Qui l’a fait ?

 

Dan Trachtenberg, jeune réalisateur qui avait fait ses preuves avec le petit film Portal – No escape, qui utilisait déjà des thématiques similaires.

 

Qui joue dedans ?

 

Mary Elisabeth Winstead, actrice du remake de The Thing en 2011, de Die Hard 4, Scott Pilgrim VS the world et Boulevard de la Mort.

 

 

John Goodman, acteur récurent des films des frères Cohen (The Big Lebowski, Inside Llewyn Davis), qu'on a aussi vu dans Monuments men, Argo, The Artist, Speed racer.

 

 

John Gallagher Jr, vu dans States of Grace, Jonah Hex, Whatever works.

 

 

Est-ce un bon film ?

 

En effet, et une petite merveille d'efficacité.

 

Dès la conclusion de la première scène, le ton est donné avec l'accident brutal qui démarre l'étrange aventure de Michelle. Une fois qu'elle se réveille dans ce mystérieux abri souterrain, tout ne va être pour elle et le spectateur que tension et ambiguïté permanente. Peut-elle avoir confiance en son sauveur ? Peut-être elle croire que le monde est vraiment détruit comme il le prétend ? Doit-elle s'enfuir au risque d'y laisser la vie ? Un cinéaste peu inspiré aurait du mal à maintenir l'intérêt tout au long de son film avec un tel huis clos, mais Dan Trachtenberg prouve qu'il a le talent nécessaire à relever le défi.

 

On ne s'étonnera pas que le film soit produit par J.J. Abrams tant on retrouve dans celui-ci tout ce que le cinéaste apprécie : un personnage féminin fort et crédible auquel le spectateur s'identifie immédiatement, un décor mystérieux et un contexte qui oscille en permanence entre réalisme et surnaturel, et une intrigue riche en coup de théâtre.

 

Il faut également préciser que 10 Cloverfield lane n'est pas un film totalement isolé. Il se rattache à une mythologie déjà développée dans le film Cloverfield, sorti en 2008, réalisé par Matt Reeves et déjà produit par la compagnie de J.J. Abrams, Bad robot. Dans celui-ci, le contexte était radicalement différent. Manhattan était attaquée par une créature inconnue, d'une taille titanesque, et tout le récit était suivi par le biais d'une caméra embarquée par l'un des protagonistes. Ce film là était basé sur l'action viscérale, et sur les apparitions de plus en plus spectaculaire du monstre.

 

 

Dans 10 Cloverfield lane, l'approche est bien plus posée, et on reste dans les règles du huis-clos jusqu'au bout. Cependant, le spectacle est tout aussi haletant. Comme il se doit dans une production Bad robot, le spectateur est lui-même appelé à spéculer, non seulement sur les motivations réelles des personnages, mais aussi sur le sort du monde. Sommes-nous dans cette même réalité que dans le film Cloverfield ? Y'a-t-il des monstres à la surface qui ravagent les villes ? Ou bien la menace à l'extérieur est-elle radicalement différente ?

Il serait dommage de révéler cela ici, tant une bonne partie du plaisir du film repose sur l'ambigüité. Mais en tout cas, il n'est nullement nécessaire d'avoir vu Cloverfield pour apprécier 10 Cloverfield lane. Ces deux films s’apprécieront chacun à leur niveau, un peu comme des épisodes luxueux de la série La Quatrième dimension. Il y avait longtemps que l'on n'avait pas profité d'un film de genre aussi efficace.

 

Appréciation : un excellent huis-clos porté par une mise en scène maîtrisée, des acteurs excellents et un scénario haletant, riche en surprises.

 

 

 

C’est pour quel public ?

 

10 Cloverfield lane n'est pas un film d'horreur, mais il lui arrive de reprendre les codes du thriller, parfois à des moments où le spectateur ne s'y attend absolument pas. Mieux vaut donc éviter de le montrer aux âmes sensibles. La violence est présente, mais davantage suggérée que montrée. Le film est regardable dès l'âge de treize ans, de préférence pour des spectateurs peu impressionnables.

 

Verdict : pour adultes et adolescents aimant les sensations fortes et supportant une tension de chaque instant.

 

 

 Romain