Ex machina (****)

Ex machina (****)

De quoi ça parle :

 

C’est l’histoire de Caleb, jeune programmeur dans l’une des plus importantes entreprises d’informatique au monde. Il gagne un concours pour passer une semaine dans un lieu retiré en montagne appartenant à Nathan, le PDG de son entreprise qui y vit en reclus.

À son arrivée sur place, Caleb découvre qu’il sera le sujet d’une expérience inédite. Il devra interagir avec une intelligence artificielle nommée Ava pour déterminer si cette machine a, ou non, une conscience. Ava a l'aspect d'une femme, et son comportement équivoque va rapidement créer un trouble chez Caleb.

Bande-annonce

Sortie : 3 juin 2015

Genre : Science-fiction

 

Qui l’a fait ?

 

Alex Garland, dont c’est le premier film mais qui avait déjà travaillé comme scénariste sur des œuvres de science-fiction comme 28 jours plus tard, Sunshine ou Dredd.

 

Qui joue dedans ?

 

Domhnall Gleeson, jeune acteur anglais qu'on a pu voir dans Dredd, Il était temps ou Star wars - Le Réveil de la Force

 

 

Oscar Isaac, dont la carrière explose depuis quelques années avec des films comme Drive, Inside Llewin Davis, A Most violent year et... Star wars - Le Réveil de la Force

 

 

Alicia Vikander, qu'on a pu voir récemment dans Agents très spéciaux et The Danish girl.

 

 

Est-ce un bon film ?

 

Ex Machina est une vraie réussite, portée par un propos pertinent et dense à une époque où l’on pourrait croire avoir déjà tout dit et tout montré sur l’intelligence artificielle. Le film a un rythme assez lent, plutôt rafraîchissant dans le paysage des films à grand spectacle. Cela produit un effet hypnotique sur le spectateur, lequel se demandera jusqu’à la fin quel sera le dénouement de cet oppressant huis-clos.

 

On applaudira en particulier la performance des acteurs. Soutenus par un script écrit de main de maître, ils donnent vie aux trois protagonistes de ce drame d'une façon remarquable. Le maladroit Caleb, l'inquiétant Nathan et l'infiniement troublante Ava entrent ainsi au panthéon de la science-fiction et en deviennent des figures tout à fait mémorables.

 

 

Vu le sujet, on aurait pu craindre que le film ne soit qu'une version plus terne de l'excellent Her de Spike Jonze, sorti un an plus tôt, mais il n'en est rien. Car Ex machina ne se trouve jamais où on l'attend. Ni tout à fait un thriller, ni tout à fait un film sentimental, pouvu de nombreuses scènes de réflexion sur la nature de la conscience mais jamais simpliste ou obscur, c'est un véritable tour de force en matière d'écriture (et on ne s'étonnera pas qu'il soit réalisé par un ancien scénariste).

 

Il est de plus parfaitement rythmé, enchaînant les scènes de dialogue entre Caleb et Nathan, et entre Caleb et Ava sans jamais tomber dans la redite ou dans un schéma qui endormirait le spectateur. L'intrigue est accrocheuse à chaque instant, et pontuée de quelques moments de poésie qui rappellent certaines des plus belles pages du cinéma de science-fiction, avec des films relativement récents comme I robot de Alex Proyas, mais aussi Terminator de James Cameron, ou encore le remarquable Blade runner, de Ridley Scott.

 

Sans en dire davantage pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte : c'est un de ces films qui nous rappellent pourquoi on aime la science-fiction et pourquoi elle aura toujours de nouvelles choses à offrir au cinéma. C'est un terreau fertile, une réflexion aussi vertigineuse que divertissante avançant en amont de l'humanité afin de l'avertir, de l'interpeller et de la laisser méditer sur des questions qui se poseront bientôt à chacun de nous au quotidien.

 

Appréciation : un film fascinant et original, brillament écrit et interprété.

 

 

 

C’est pour quel public ?

 

Les adultes ainsi que les adolescents de plus de 14 ans. Le film évoque la sexualité de façon directe, même s’il n’y a pas de scène érotique à proprement parler, et quelques scènes violentes ou perturbantes dans leur imagerie peuvent impressionner le public. Il ne s’agit en aucune façon d’un film « familial ».

 

Verdict : quelques scènes de violence et des questionements crus sur la sexualité

 

Romain