La Résurrection du Christ

De quoi ça parle :

 

En 33 après J.-C., Jérusalem est en proie à des révoltes de plus en plus violentes que le procurateur romain Ponce Pilate peine à refréner. Toute la ville est en ébullition tandis que le mystérieux prophète Jésus de Nazareth rend son dernier souffle sur la croix. La mort de cet homme ne met cependant pas un terme définitif aux espoirs de libération qu’il a fait naître en Judée. Car lui-même a annoncé que sa résurrection surviendrait trois jours après sa mort.

Le tribun Clavius reçoit pour tâche de s’assurer que les disciples de Jésus ne vont pas venir s’emparer du corps durant la nuit afin de répandre de fausses rumeurs de prodige. Mais les gardes qu’il poste devant le tombeau s’endorment et, au matin du troisième jour, le sépulcre est vide…

 

Date de sortie : 04/05/2016

Genre : péplum

Durée : 1h45

 

Bande-annonce

 

Qui l’a fait ?

 

Kevin Reynolds, réalisateur qui avait disparu des radars depuis près de dix ans et qui fait ainsi son retour au cinéma. On lui doit quelques films bien connus des années 90 tels que Robin des bois – prince des voleurs, Rapa Nui, ou encore Water world.

 

Qui joue dedans ?

 

Joseph Fiennes, frère de Ralph Fiennes, qui a percé avec son rôle dans Shakespeare in love, puis joué dans Stalingrad de Jean-Jacques Annaud, ou dans Elisabeth aux côtés de Cate Blanchet, mais dont la carrière récente est moins florissante.

 

 

Tom Felton, qu’on connaît bien sûr pour le rôle de Drago Malfoy dans les films Harry Potter, mais qu’on a aussi vu depuis dans La Planète des singes – Les origines.

 

 

Cliff Curtis, acteur néo-zélandais habitué aux seconds rôles qu’on a pu voir dans de nombreux films dont The Fountain, Sunshine, 10 000, Dommage collatéral, Die hard 4, etc.

 

 

Est-ce un bon film ?

 

Un film correct disons.

Kevin Reynolds ne tente pas d’accomplir des miracles avec son retour derrière la caméra. Son péplum biblique est assez académique et manque d’une vision artistique forte.

L’intrigue tourne entièrement autour du tribun Clavius, témoin actif des événements liés à la résurrection du Christ dont le regard sur la figure du messie va évoluer tout au long du film. L’inspiration évidente est Ben Hur, avec une même approche d’écriture, puisque l’on respecte tant bien que mal le texte de l’évangile et qu’on y ajoute un récit centré sur un personnage fictif qui va servir de point de vue indirect aux spectateurs. Pour le reste, le film lorgne du côté de la Passion du Christ de Mel Gibson, mais aussi du côté de Gladiator pour le traitement de la civilisation romaine, les scènes de bataille et la musique.

 

De prime abord, on pourrait croire que le film va avoir une approche sobre de cet épisode biblique, en restant dans un regard extérieur afin de laisser le spectateur décider par lui-même de la dimension miraculeuse des événements. On notera ainsi que le détail de l’eau coulant du côté du Christ n’est pas représenté alors que le percement du flanc est bel et bien là. Mais, le glissement vers le pur péplum biblique se fait pourtant assez vite. Puisqu’il apparaît de plus en plus clair que le prodige a bel et bien eu lieu, et que le véritable enjeu est de savoir si la population va en être informée ou non.

 

 

Pourtant, même en tant que récit biblique destiné à des chrétiens, le film demeure bancal. D’abord parce que l’entourage de Jésus y est présenté de façon assez ridicule. On appréciera l’effort de ne pas faire incarner nécessairement le Christ, sa mère Marie ou Marie-Madeleine par des acteurs au physique renversant, mais on déplorera tout de même un certain manque de charisme chez eux. Quant aux apôtres, ils donnent plutôt l’impression de sortir d’une communauté d’illuminés que d’être les piliers fondateurs de la civilisation occidentale. Mention spéciale à un Barthélémy si extatique qu’on le soupçonnerait presque d’avoir consommé des substances illicites.

 

C’est d’autant plus frustrant que Joseph Fiennes a lui la gravité nécessaire à tenir un rôle principal de sceptique en proie à des questionnements intérieurs. Son personnage - s’il n’est pas très original - a le mérite de fonctionner et de demeurer engageant tout au long du film. Malheureusement pour lui, il ne peut compenser le manque d’ambition d’un scénario trop sage et trop conventionnel pour laisser une impression durable.

 

Notons tout de même que, visuellement, le film est assez réussi, avec des décors et des costumes crédibles qui aident à se plonger dans l’atmosphère de l’époque. L’aspect « enquête » est une bonne idée, qui aurait pu se révéler passionnante avec un traitement un peu plus fin du sujet. Reste un divertissement agréable, qui fera toujours passer un bon moment aux amateurs de péplum qui ne désirent pas forcément sortir des sentiers battus.

 

Appréciation : un péplum très classique qui, s’il est efficace, manque d’une vision artistique forte vu l’ambition de son sujet.

 

 

 

C’est pour quel public ?

 

Le film est visible à partir de 10 ans. La violence est la plupart du temps suggérée et la scène de la crucifixion commence après la mort de Jésus. Le seul contenu choquant concerne le moment où l’on brise les jambes des deux larrons crucifiés de part et d’autre du Christ, mais même cette scène est traitée avec sobriété. On est très très loin de la Passion du Christ à ce niveau-là.

L’unique scène de bataille d’entrée de film ne s’attarde pas sur les blessures des belligérants et porte avant tout sur la stratégie des romains au combat.

 

Le film est clairement pro-chrétien dans son propos. Mais on regrettera qu’il défende sa thèse avec une certaine maladresse qui ridiculise involontairement certains aspects de la Foi. Il a tout de même le mérite d’exister cela dit.

 

Verdict : pour adultes et adolescents, à partir de 10 ans.

 

 

Romain