Le Petit prince

Le Petit prince

De quoi ça parle ?

 

Au début de l’été, une petite fille emménage avec sa mère dans un nouveau quartier afin de se trouver à proximité de l’école réputée où elle va bientôt devenir élève. Studieuse et obéissante, elle est décidée à passer toutes les vacances à travailler. Mais elle va être distraite dans ses efforts par la présence de son curieux voisin, un vieil aviateur dont la maison reflète l’excentricité.

Celui-ci tient à tout prix à lui faire partager une histoire très différente de celles que l’on lit d’ordinaire, l’histoire du petit prince.

 

Bande-annonce

 

Sortie : 27 juillet 2015

Genre : Conte philosophique

 

Qui l’a fait ?

 

Mark Osborne, réalisateur expérimenté dans le domaine de l’animation, et auteur de Kung Fu panda ou encore de Bob l’éponge le film.

 

Est-ce un bon film ?

 

Si le doute peut encore planer à ce sujet pendant la première demi-heure, il apparaît bientôt évident que ce petit prince est un ratage complet. Non-content de donner au spectateur un personnage point de vue particulièrement mal écrit avec cette petite fille trop sage qui a besoin de vivre une « vraie enfance», le film massacre purement et simplement l’œuvre de Saint-Exupéry.

Alors bien sûr, les quelques séquences en stop-motion qui reprennent le livre à la lettre n’ont rien de désagréables, mais tout le problème vient de leur intégration dans une histoire particulièrement ratée et qui donne une image des relations parents-enfants si peu pertinente qu’on voit mal qui pourrait s’identifier à ses enjeux.

Pour ne rien arranger, le personnage de l’aviateur, que l’on nous présente comme l’influence positive du film, n’est rien d’autre qu’un irresponsable qui met l’héroïne en danger de mort sans jamais se remettre en cause une seule seconde. Par opposition, la mère caricaturale est l’image même du parent carriériste incapable d’écouter les états d’âme de sa fille et qui doit donc susciter toute la désapprobation du spectateur.

Le pire est encore à venir à ce stade, car arrive ensuite le moment où la fillette va vivre sa propre aventure imaginaire dans l’univers du petit prince. Autrement dit, les scénaristes s’essaient à écrire une « suite » au livre. Le résultat est affligeant. Dans les idées les plus maladroites, on citera par exemple le personnage du Vaniteux, changé pour cette partie du film en... agent de police.

Une fois franchi ce point de non-retour, le propos devient si grossier, si prétentieux, qu’on a peine à croire que les cinéastes aient compris un tant soit peu ce que Saint-Exupéry voulait exprimer dans son livre.

C’est donc un échec cuisant, doublé d’une fable à la morale douteuse, où l’imaginaire foisonnant d’un auteur sert de terreau grossier à la vulgarisation d’imitateurs sans talent. À éviter à tout prix.

 

Appréciation : un film sans intérêt

 

C’est pour quel public ?

 

Théoriquement, cela devrait être pour les enfants, mais on voit mal pourquoi on devrait leur infliger un spectacle aussi navrant. Mieux vaut chercher plutôt un film d’animation avec de vrais atouts. Le livre de Saint-Exupéry quant à lui mérite d’être lu par des lecteurs impliqués. Il ne s’agit en aucune façon d’une œuvre facile à comprendre.

 

Verdict : un message moral douteux